En 2025, les États-Unis ont consolidé leur place de premier partenaire commercial de la Suisse, dépassant l’Allemagne avec plus de 59 milliards de CHF d’exportations. Pourtant, ce moteur économique tourne avec un frein à main : le droit de douane. Berne s’active pour réduire cette taxe de 39 % à 15 % sur les produits manufacturés.
Pourquoi le seuil des 15 % est-il le chiffre magique ?
Selon les dernières analyses du Secrétariat d’État à l’économie (SECO), les entreprises suisses paient chaque année plus de 600 millions de francs en taxes douanières pour entrer sur le sol américain. Ramener le droit de douane moyen à 15 % permettrait :
- Une économie directe de 250 à 300 millions de CHF par an pour les PME helvétiques.
- Une augmentation estimée de 4,2 % du volume des exportations de machines (MEM) vers les USA dès la première année.
- L’alignement sur les tarifs préférentiels dont bénéficient certains partenaires de l’AELE.
L’avis de l’expert : Les chiffres ne mentent pas : pour une PME de la Vallée de Joux qui réalise 40 % de son chiffre d’affaires outre-Atlantique, une taxe de 39 % est confiscatoire. Ce n’est pas juste une question de profit, c’est une question de survie face à une main-d’œuvre suisse dont le coût horaire est l’un des plus élevés au monde.
Et pour moi ? Si l’accord passe, les entreprises de votre région (Vaud, Neuchâtel, Zurich) sécurisent leur carnet de commandes. Historiquement, une hausse de 1 % des exportations en Suisse corrèle avec une croissance de 0,3 % des salaires dans le secteur industriel.
L’industrie MEM et Pharma : Les grands gagnants
Le droit de douane ne frappe pas tous les secteurs de la même manière. En 2024, la pharma représentait 52 % de nos ventes aux USA, bénéficiant déjà de certains accords. Le vrai combat concerne le secteur MEM (Machines, Équipements, Métaux) :
- Secteur MEM : Environ 320 000 emplois en Suisse dépendent directement de la capacité à exporter sans barrières prohibitives.
- Impact fiscal : Le passage de 39 % à 15 % réduirait la pression fiscale sur les composants électroniques de 24 points de pourcentage.
Et pour moi ? La robustesse de l’industrie MEM soutient l’ensemble du tissu économique local. Un secteur MEM fort, c’est l’assurance que les caisses de pension restent stables et que le taux de chômage en Suisse stagne sous la barre des 2,5 %.
Nuance : La menace du « Reciprocal Trade Act » de Trump
Il faut rester lucide : Donald Trump a souvent évoqué un « droit de douane universel » de 10 % à 20 % pour tous les pays. Si Washington applique cette politique, l’avantage comparatif de la Suisse pourrait s’évaporer. Le risque futur est de voir le droit de douane devenir une variable d’ajustement politique plutôt qu’économique.
Le scénario d’une baisse à 15 % est donc une course contre la montre diplomatique. Les prochains mois de négociations à Washington seront décisifs pour les chiffres de l’année fiscale 2026.
FAQ Articles
Quand l’accord pourrait-il entrer en vigueur ?
D’ici fin de semaine ou début de la suivante, selon la rapidité de validation des deux gouvernements.
Les prix des produits suisses baisseront-ils ?
Les prix peuvent possiblement baisser, mais cela dépendra des entreprises. Certaines pourraient conserver les gains pour reconstituer leurs marges. Il est rare de voir un retour en arrière concernant une politique tarifaire.
Quel est le volume des exportations suisses vers les USA ?
En 2025, elles ont atteint le record de 59 milliards de CHF, faisant des États-Unis le client numéro 1 de la Suisse.
Comment le droit de douane affecte-t-il le prix des produits suisses ?
Une taxe de 39 % force les entreprises soit à réduire leurs marges, soit à augmenter les prix de vente, ce qui les rend moins compétitives face aux produits locaux américains.
Où en sont les négociations actuelles entre Berne et Washington ?
La Suisse privilégie une approche sectorielle (accords de reconnaissance mutuelle) pour contourner les blocages d’un accord de libre-échange global, souvent jugé trop lent à conclure.
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