Introduction

Investir en bourse en Suisse peut sembler complexe au premier abord. Entre les actions individuelles, les ETF, les frais de courtage et la fiscalité locale, il est normal de se demander par où commencer. Pourtant, avec les bonnes informations, même un débutant peut créer un portefeuille solide et adapté à ses objectifs.

Dans ce guide, nous allons :

  • Expliquer les bases de l’investissement boursier en Suisse
  • Comparer les deux approches principales : stock-picking et ETF
  • Détailer la fiscalité suisse pour optimiser vos gains
  • Fournir des conseils pratiques pour démarrer en toute sécurité

Pourquoi investir en bourse ?

Investir en bourse permet de faire croître votre capital à long terme. Avec des taux d’intérêt des comptes bancaires souvent inférieurs à 1 % et l’inflation autour de 2–3 %, garder son argent sur un compte épargne peut réduire votre pouvoir d’achat.

Le marché boursier, en revanche, a historiquement offert un rendement moyen de 6 à 8 % par an sur le long terme (Source : Credit Suisse, MSCI World).

Principaux objectifs d’investissement :

  • Constituer un capital retraite complémentaire
  • Préparer un achat immobilier
  • Atteindre l’indépendance financière (FIRE)
  • Faire fructifier ses économies au-delà des comptes bancaires

Stock-picking vs ETF : quelle approche choisir ?

Le stock-picking : choisir ses actions individuelles

Le stock-picking consiste à sélectionner et acheter des actions spécifiques d’entreprises que vous pensez performantes.

Avantages :

  • Potentiel de rendement élevé si vous choisissez bien vos actions
  • Contrôle total sur vos investissements
  • Possibilité de se concentrer sur des secteurs ou entreprises que vous connaissez

Inconvénients :

  • Risque concentré : une mauvaise sélection peut impacter fortement votre capital
  • Nécessite du temps pour analyser les entreprises et suivre les actualités
  • Frais de courtage peuvent s’accumuler (10–20 CHF par transaction)

Exemple concret :

Acheter 100 actions Nestlé à CHF 100 → CHF 10’000 investi. Si Nestlé perd 10 %, perte = CHF 1’000.

Les ETF : investir dans un panier diversifié

Les ETF (Exchange Traded Funds) répliquent un indice comme le SMI ou le MSCI World.

Avantages :

  • Diversification immédiate : risque réparti sur des dizaines ou centaines d’actions
  • Frais très faibles : 0,2–0,5 % par an
  • Simplicité et suivi réduit
  • Rendement proche de la moyenne du marché sur le long terme

Inconvénients :

  • Moins de contrôle sur les entreprises individuelles
  • Rendement limité à celui de l’indice

Exemple concret :

Investir CHF 3’000 dans un ETF MSCI World → réparti sur 1’500+ entreprises → risque concentré limité, rendement historique ~6–8 %/an.

Vous pouvez utiliser notre simulateur d’Intérêts composés pour visualiser le rendement cumulé sur plusieurs années.

 

Quelle stratégie pour débuter ?

Pour un investisseur débutant en Suisse, les ETF représentent souvent la solution la plus sûre et efficace.

Le stock-picking peut venir compléter votre stratégie, mais il demande davantage de temps et comporte des risques plus élevés. Il est conseillé de ne recourir au stock-picking que si vous disposez d’une bonne connaissance des marchés financiers et des entreprises que vous sélectionnez, et si vous êtes prêt à assumer la possibilité de perdre la totalité de votre investissement.

💡 Si vous souhaitez combiner les deux approches, je vous recommande la répartition suivante :

  • 80 % dans des ETF diversifiés type Vanguard World
  • 20 % dans des actions individuelles pour viser des gains supérieurs

👉 Vous trouverez également une présentation des principaux ETF disponibles sur les plateformes d’investissement suisses dans notre section Marchés & Investissements.

La fiscalité des investissements en Suisse

Investir en bourse en Suisse implique de comprendre comment vos gains sont imposés, afin de ne pas être surpris lors de la déclaration fiscale. Voici les points essentiels :

1. Impôt sur les dividendes

Les dividendes que vous recevez d’actions ou d’ETF suisses sont considérés comme un revenu imposable et soumis à l’impôt sur le revenu.

  • Exemple : vous recevez 200 CHF de dividendes → ils s’ajoutent à votre revenu imposable.
  • Retenue d’impôt anticipé (RA) : pour les actions suisses, 35 % sont prélevés à la source. Vous pouvez récupérer une partie ou la totalité lors de votre déclaration annuelle.

2. Plus-values

Les plus-values sur actions détenues à titre privé ne sont généralement pas imposables. Seuls les traders professionnels peuvent voir leurs gains taxés.

 

3. ETF étrangers

Les ETF domiciliés à l’étranger (ex. USA) subissent souvent une retenue d’impôt à la source (15 % pour les dividendes US). Les ETF domiciliés en Europe (Irlande, Luxembourg) permettent de limiter ce prélèvement.

 

4. Pilier 3a et bourse

Investir via un compte 3a “investisseur” (ETF ou fonds) permet de bénéficier de déductions fiscales (7’056 CHF max en 2025 pour salariés). Les gains réalisés restent exonérés d’impôt tant que l’argent reste sur le compte.

 

5. Astuce pratique

Même un investissement simple peut être optimisé fiscalement, ce qui peut augmenter votre rendement net de 1–2 % par an sur le long terme.

 

Conseils pratiques pour débuter en Suisse

  1. Ouvrir un compte titres ou un compte 3a+ investi auprès d’un courtier suisse fiable (Swissquote, DEGIRO, Interactive Brokers).
  2. Commencer petit : même CHF 100–200 par mois permettent de se constituer un portefeuille progressivement.
  3. Conservez un journal ou un tableau de vos transactions pour faciliter la déclaration fiscale. Des outils comme “Delta Tracker” vous permettent de suivre facilement l’évolution de vos placements.
  4. Diversifier dès le départ : ne mettre tous vos œufs dans une seule action. La concentration dans un seul ETF world n’est cependant pas un problème.
  5. Investir sur le long terme : bourse = patience, éviter de réagir aux fluctuations quotidiennes.
  6. Optimiser la fiscalité : privilégier les ETF domiciliés en Europe pour éviter la retenue d’impôt US sur dividendes.